agenda

samedi 20 octobre 2018

homélie du dimanche 21 octobre

Ce dimanche, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale. Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Notre horizon et notre cœur doivent s’élargir aux dimensions du monde. Nous pensons à tous ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour être les messagers de l’Évangile dans des pays qu’ils ne connaissaient pas. Cette année, nous accueillons l’abbé Pascal KItikanlin qui vient  du Bénin. L’accueillons-nous comme quelqu’un qui vient rendre un service que les prêtres gersois ne peuvent plus assurer par manque de vocation ou l’accueillons-nous pour nous évangéliser, pour nous dire une parole nouvelle, car notre Eglise est catholique, c.à.d. universelle, nous n’avons pas à nous replier sur nous-même.   
Cette réponse à l’appel de Dieu n’a jamais été facile. C’est ce que nous comprenons en écoutant la 1ère lecture. Le prophète s’adresse à un peuple qui souffre de la persécution.
Il fait comprendre à tous ces gens que leur souffrance n’est pas inutile ; Dieu ne les abandonne pas ; il se penche sur eux avec amour et prédilection. C’est en lui que chacun trouvera la force pour tenir le coup. L’important c’est de chercher cette force là où elle se trouve.
En lisant ce texte, nous pensons aux chrétiens qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi au Christ. C’est en lui qu’ils trouvent la force et le courage dont ils ont besoin pour rester fidèles jusqu’au bout. Face aux souffrances infligées par les persécuteurs, ils nous apprennent l’amour et le pardon. Ils nous font comprendre que la volonté de Dieu c’est le salut de tous, y compris des persécuteurs. Seul le pardon accordé par la victime peut convertir son bourreau.
La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous renvoie à Celui qui est vraiment au cœur de tout engagement missionnaire. En Jésus mort et ressuscité, les hommes ont trouvé le salut que l’humanité attend. Il est celui qui nous fait  grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Comme lui, nous sommes envoyés vers nos frères et sœurs, en particulier ceux et celles qui sont éprouvés par la maladie, la souffrance et les épreuves de toutes sortes. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris à ceux et celles qui sont loin de Dieu. Cette mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Christ qui nous a appelés et envoyés.
La mission de l’Église demeure fondamentalement la même hier comme aujourd’hui.
Elle consiste à annoncer le Christ et à proclamer l’Evangile au monde. Elle s’inscrit dans cet ordre que les apôtres ont reçu du Christ ressuscité : « Allez dans le monde entier ; proclamez l'Évangile à toutes les créatures » (Mc 16,15). Ces paroles font de notre Église une Eglise missionnaire ; une Eglise qui veut partager ce qu’elle a et ce qu’elle est avec le monde entier. Notre foi et l’évangile de Jésus ne constituent pas une propriété privée ; nous les avons reçus gratuitement et nous sommes appelés à les partager généreusement avec autant de monde que possible. Annoncer une Bonne Nouvelle, ce n’est pas faire du prosélytisme, mais dire la réalité sans obliger l’autre à adhérer à notre communauté. D’autre part, cette mission universelle de l’Église prend des accents particuliers selon l’endroit où l’on se trouve. En Afrique, par exemple, l’Église est à l’œuvre pour relever de nombreux défis auxquels les Africains sont confrontés : le défi de la réconciliation, celui du développement et celui de l’inculturation.
Chez nous dans le Gers elle aura une autre tonalité. Les réalités ne sont pas les mêmes :
nous sommes un monde rural où la communication est plus difficile ; touchés par une population vieillissante plus souvent confrontée à la mort de personnes âgées qu’à une jeunesse désœuvrée en quête de sens. Les missionnaires que nous appelons aujourd’hui sont des personnes pour accompagner des familles en deuil, c’est une urgence pour nous à Riscle, village de Riscle. Merci à vous chrétiens de vous sentir appelé pour cette mission, car les sépultures sont un lieu favorable pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité, généralement beaucoup de monde vient à l’église à cette occasion et nous avons une parole à dire une espérance à porter à tous, parents, amis et proches. Nous manquerions à notre mission si nous ne le faisions pas ; nous avons donc besoin de vous pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, surtout de nos jours où les médias surfent sur les mauvaises nouvelles à annoncer.
Pour terminer, Je rappelle cette exhortation du pape François : « Ne pense jamais que tu n’as rien à apporter, ou que tu ne manques à personne. Beaucoup de gens ont besoin de toi ; sache-le.
Que chacun de vous le sache dans son cœur : beaucoup de gens ont besoin de moi. »

De diverses sources

dimanche 7 octobre 2018


Homélie du dimanche 7 octobre
La réalité du mariage a de tout temps été vitale, car elle touche à la fois au plus intime de la vie individuelle et au fondement de la vie en société. Aujourd’hui elle est prise dans la tourmente d’une société qui a du mal à articuler liberté individuelle et choix collectifs. Il est impossible de traiter ici une situation aussi complexe, mais pourtant, nous pouvons souligner avant d’aborder l’Évangile, que cette situation de crise ne tient peut-être pas nécessairement à un laxisme moral. Il tient aussi et peut-être avant tout à ce que beaucoup ont une estime et une attente très élevée à l’égard de la vie conjugale et familiale. Paradoxalement, plus l’idéal est élevé, plus il est exposé à l’échec si les personnes ne cherchent pas une aide pour affronter les difficultés et les courants d’aujourd’hui.
C’est dans ce contexte que nous écoutons aujourd’hui cet Évangile. La question piège des Pharisiens se situe au niveau légal : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme ? »
La réponse de Jésus est donnée en deux temps. Dans un premier temps, il fait sortir la question de son cadre légal. Moïse n’a pas autorisé le divorce, mais il a cherché à rendre plus humaine une pratique liée à la dureté des hommes. En fait, le mariage n’est pas une loi,
mais une Parole de Dieu inscrite dans la Création
. Dans un deuxième temps,
mais cette fois-ci en privé et à l’adresse de ses seuls disciples,
Jésus en tire des conséquences légales pour les croyants : tout disciple,
qui se sépare de son conjoint pour épouser une autre personne, est adultère.
Cette parole est extrêmement exigeante, mais que dit-elle au juste sinon que le mariage est un engagement à trois : il concerne l’homme et la femme, mais aussi Dieu. Toute relation vraie entre deux personnes suppose la présence d’un tiers. La vie de couple est trop importante pour qu’elle se vive en égoïste. En sacralisant ainsi la loi du mariage, Jésus montre qu’elle engage la relation de l’être humain avec Dieu ; Jésus a lutté en effet pour désacraliser la loi. Il nous fait comprendre que la finalité de la Loi est pour le bien de la personne humaine, précisément voulu par Dieu. Une loi ne vaut donc que dans la mesure où elle est au service véritable de la personne humaine et notamment de la plus vulnérable, c’est-à-dire dans la famille, de l’enfant, c’est bien pour cela qu’à la fin de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus parle des enfants pour leur donner la première place, le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. Dans notre société où certains revendiquent le droit à avoir un enfant, il vaut mieux mettre l’enfant en priorité quant à ses droits, n’at-il pas le droit à avoir un papa et une maman, des frères et des sœurs, une famille où il puisse vivre en paix ; après je reconnais que l’on fait comme l’on peut et que l’idéal ne peut être toujours atteint. Dans une société sacrale telle que la société antique et judaïque, Jésus fait une révolution apte à susciter le scandale. Jésus ferait-il une exception en ce qui concerne le mariage ? C’est peu probable, mais il souligne par-là que cette relation essentielle est au cœur du dessein créateur de Dieu. Pour être vécue dans la fidélité, elle suppose non seulement le dialogue entre les époux, mais aussi la prière. Le mariage est à recevoir de Dieu comme une vocation, un appel à aimer dans la fidélité, à cheminer vers la Vie éternelle dans la communion avec l’autre.
Mais en cas d’échec, que devient cet appel ? Le Nouveau Testament montre comment les premières communautés chrétiennes ont accepté des exceptions au commandement de Jésus. Ainsi l’évangile de Matthieu reconnaît la légitimité du divorce dans le cas où l’un des conjoints trahit gravement son engagement à travers des conduites immorales (Mt 19,9). Saint Paul l’admet également lorsqu’un conjoint païen n’accepte pas la conversion de l’autre au Christ. Le conjoint chrétien est alors autorisé à le quitter (1Co 7,15). L’Église se trouve aujourd’hui dans un contexte inédit et se doit de réfléchir à l’accompagnement des situations d’échec.
Tout en restant libre dans nos choix, nous sommes appelés à la communion de l’Église,
Au titre de la communion ecclésiale, le croyant prend à cœur la manière dont l’Église interprète la volonté du Créateur. Il cherche à y correspondre autant qu’il dépend de lui.
Au titre de la liberté et de la foi en la miséricorde de Dieu, le croyant sait que cette volonté est au service de la vie pour chacun des conjoints et leurs enfants éventuels.
 Il revient alors à chacun, moyennant le dialogue avec d’autres et une prière persévérante, de juger en conscience ce qu’exige de lui sa véritable fidélité au Christ.
Le mariage n’est-il pas le signe que l’amour de Dieu se donne dans plus spécialement dans l’alliance qui exige fidélité, liberté, fécondité et indissolubilité.
Aujourd’hui nous te prions Seigneur plus spécialement pour tous les couples mariés, mais aussi pour ceux qui se préparent au mariage.
De diverses sources

jeudi 4 octobre 2018

homélie du dimanche 30 septembre

Être pour le Christ, c’est être pour lui totalement
En ce dimanche, l’évangéliste saint Marc nous propose des sentences que le Christ a prononcées ici et là - sentences dont il compose comme un bouquet.

Une première sentence s’en prend à ceux qui croiraient que l’Eglise a le monopole de l’esprit de Dieu. 

Voici quelqu’un qui fait du bien, qui chasse les esprits mauvais au nom de Jésus.
Nous avons voulu l’en empêcher, dit Jean, car il n’est pas de notre bord, il n’est pas de  ceux qui nous suivent.
On pense à ces hommes hors-Église qui ont une réelle vie intérieure, à ces laïcs qui prennent des initiatives sans s’en référer à la communauté chrétienne catholique.
Nous aimons bien l’ordre comme les jardins à la française qui sont ordonnés et rectilignes.
Mais Dieu écrit l’histoire des hommes avec des courbes, et ses plans ne sont pas forcément nos plans, c’est pourquoi nous devons être le plus possible en communion avec Dieu par la prière, non pas pour qu’il réalise nos projets, mais que nous sachions nous abandonner au projet de Dieu.

L’Église est le lieu privilégié de l’Esprit, mais elle n’en est pas le seul.
L’Esprit ne se laisse pas enchaîner.
Celui qui n’est pas contre nous est pour nous, dit Jésus.
Attention, cependant, à ne pas tomber dans l’autre extrême en parlant ici de « chrétiens qui s’ignorent » et penser que tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil.
Jésus parle de ceux qui font du bien en son nom, de ceux qui donnent un verre d’eau parce qu’ils appartiennent au Christ, la première chose, c’est la foi, c’est le lien spirituel que l’on a avec Dieu, qui nous permet de recevoir la grâce de Dieu, et cela est validé par l’amour que nous avons avec notre prochain.

Une deuxième sentence nous met en garde : « N’entraînez la chute d’aucun de ces petits ». Il n’est pas ici question des enfants, mais du petit qui croit en Jésus, du frère dans la communauté qui est peut-être moins instruit, peut-être moins considéré, et qui pourrais être troubler par des comportement plus libre, plus éclairé, il est important que tout le monde suive et ne soit pas dans l’incompréhension par telle ou telle parole dites. Je me souviens d’un personne qui était scandalisé et elle ne devait pas être la seule par une parole que le prêtre avait dit aux obsèques dans a la prière eucharistique, quand on prie pour le défunt le prêtre dit : « un tel que tu as rappelé à toi » quand il s’agît d’une personne âgé on comprend, mais quand c’est une maman qui laisse de jeunes enfants, on ne comprend plus, c’est pourtant marqué sur le missel. Depuis, sur tous les missels dont je me sers j’ai remplacé appelé par accueilli.
Bien des réformes trop rapides, trop inconsidérées, en troublant les faibles, ont été des réformes qui ont détruit plus que construit…

C’est pour dire que le sandale est grave, je ne parle pas de ceux qui ont commis des actes d’irrespect sur les personnes vulnérables, pédophilie, viols, violences verbales ou physiques etc, mais je n’en pense pas moins. Les médias focalisent sur certains de ces cas, ils ont raisons de les dénoncer, mais ils en oublient qu’ils devraient aussi dénoncer.

Après cette sentence sur le scandale donné, en voici encore une troisième sur le
scandale subi, plus exactement sur l’occasion de pécher : « Si ta main, ton pied, ton œil t’entraînent au péché, arrache-les ! Mieux vaut entrer manchot, estropié, borgne dans le royaume de Dieu que d’être jeté entier dans la géhenne. »
Mais ce n’est pas pour cela que je voudrais vous voir dimanche prochain, estropié, manchots ou borgnes. Jésus prend une image  pour que nous comprenions les renoncements que nous devons avoir pour marcher à sa suite.
Ici plus question de tolérance comme tout à l’heure, mais de radicalité, d’exigence :
il y va de notre vitalité chrétienne.
La demi-mesure mène à la demi-chute puis à l’abandon.
Il y a des arrachements salutaires, nécessaires.

Que nous dit Jésus à travers ces sentences ? Tout simplement que la vie à sa suite et avec lui n’est pas un petit jeu où tout finira par s’arranger.
Être pour le Christ, c’est être pour lui totalement, sans réserve aucune, parce que,
comme nous le disions dans le psaume, sa loi est parfaite et elle redonne vie.
Cette loi, c’est la loi de l’amour de Dieu, laissons-nous séduire par lui. L’amour de Dieu a besoin que nous nous donnions totalement à lui, il ne peut pas nous donner si nous ne nous donnons pas à lui. Il ne pourra donner qu’à la mesure de ce que nous lui donnons.

De diverses sources



samedi 15 septembre 2018

homélie du dimanche 16 septembre pour la fête de N.D. de la Croix

Pourquoi tant de souffrances dans le monde, il n’y a pas de réponse à donner,
mais de la compassion à avoir. La souffrance, comme la mort font partie de la vie.
Notre Dame de la croix fait référence à Marie au pied de la croix de son fils, son cœur de mère ne peut que souffrir comme son fils Jésus, car c’est dans son amour de mère qu’elle compatie aux souffrances de son fils.
Nous avons fêté vendredi la croix glorieuse et samedi, notre dame des douleurs.

La liturgie d’aujourd’hui nous place au cœur du paradoxe chrétien : comment ce signe de malédiction qu’est la croix a-t-il pu devenir une source de bénédiction et de salut ? Comment la vie peut-elle jaillir de la mort ? La joie de la souffrance ? Ces questions sont tellement vitales qu’on ne peut les ignorer. Elles reviennent lancinantes, surtout peut-être dans les moments d’épreuve. Seule la foi en la Parole de Dieu permet d’éclairer ce mystère qui commande notre vie.
Dans l’Evangile les apôtres reconnaissent en Jésus le roi, le Christ, celui qui est envoyé par Dieu ; Jésus commence par leur dire qu’il doit souffrir beaucoup et être rejeté par les anciens et les grands prêtres. Tout de suite nous voyons qu’il y a une opposition au projet de l’amour de Dieu. La croix ne l’oublions pas est une abomination, un instrument de torture et de mort pour terrorisé la population, les crucifiés étaient placés aux entrées des villes pour dire aux gens obéissez au pouvoir romain, sinon voilà ce qui va vous arriver, comme la guillotine au temps de la révolution et des pendaisons au temps de Daech.
La croix de Jésus ne peut être source de vie éternelle que par le poids d’amour qui s’y révèle. C’est l’amour qui fait que cette croix ouvre un chemin de vie. Car Jésus qui y est mort est ressuscité et donc le mal a été vaincu, la terreur a été vaincue. Il se dégage de ses évènements non pas de la vengeance de Dieu, car nous pourrions penser que Dieu aurait pu se venger des hommes qui ont tué son Fils unique, mais c’est de l’amour qui se dégage de Dieu, il n’y a jamais de haine ; cet amour du Père, si grand, ne se singularise pas d’abord par son immensité, à savoir que Dieu aime infiniment plus que les hommes ne peuvent aimer. L’amour de Dieu se différencie de l’amour humain en ce qu’il est totalement gratuit. Il nous est très difficile de réaliser ce qu’est cette gratuité, car nous sommes incapables par nous-mêmes d’un tel amour. Et nous pensons spontanément que Dieu nous aime plus quand nous l’écoutons et moins quand nous l’oublions, comme si nous méritions en quelque sorte d’être plus ou moins aimés. Or Dieu nous aime inconditionnellement,
bons ou mauvais, fidèles ou infidèles, et il nous appelle à oser croire à un tel amour qui ne se mérite pas, incompréhensible humainement, et à l’accueillir en nous émerveillant.
Dieu n’a pas non plus de prix à payer pour le rachat de nos péchés et notre libération par rapport aux forces des ténèbres qui nous habitent. Le Père nous donne son Fils, gratuitement, et ce fils est lui-même heureux d’entrer dans ce projet d’amour où lui-même se donne à son Père et aux hommes. Un tel amour vécu jusqu’au bout a pouvoir de sauver, de réparer,
de donner un sens à ce qui semble à vue humaine insensé, d’illuminer les ténèbres les plus épaisses. Nous en avons tous plus ou moins l’expérience : combien le fait d’être vraiment aimé d’un bel amour humain est recréateur, en nous renouvelant dans notre identité et nos énergies. Combien plus s’il s’agit d’un amour divin totalement gratuit.
L’horizon cependant est exigeant, car il passe par la reconnaissance du mal, de la violence, de la mort à l’œuvre en nous et autour de nous. Il s’agit de « regarder » la Croix, sans méconnaitre notre misère, notre péché. Ce serait nous priver de l’expérience du salut,
du pardon à recevoir et à donner. La Croix, chemin vers la vie, garde sa part de mystère à contempler dans la foi.
En haut du mât de la Croix, ce n’est plus un serpent d’airain que nous regardons comme les hébreux étaient invités à le faire dans le désert, pour échapper à la mort. Nous contemplons le Fils de Dieu qui s’est livré pour nous dans une passion, qui passa certes par la grande, l’incommensurable souffrance, mais fut une passion d’amour. Le christianisme est bien la religion de l’amour. La croix que nous portons est le signe de cet amour, signe que nous voulons lutter contre le mal et le terrorisme, non pas par la violence mais par l’amour que Dieu a mis en notre cœur. Marie est la première de cordée à nous conduire dans le royaume de Dieu pour l’amour de tous les hommes 

 « Père, à chaque Eucharistie, tu renouvelles pour nous le même et unique mystère : Dans l’Esprit, tu te donnes totalement en ton Fils bien-aimé. Ranime notre foi, notre espérance et notre charité, pour que nous ne laissions perdre aucune des grâces dont tu veux nous combler. Conduis-nous à travailler pour que tout homme puisse reconnaitre et suivre le chemin de la vie afin que nous parvenions ensemble à la gloire de la résurrection. »

De différentes sources

samedi 8 septembre 2018

homélie du dimanche 9 septembre
Ce matin, nous sommes venus dans cette église pour accueillir Celui qui vient, pour accueillir notre salut. Avons-nous conscience, frères et sœurs, de la nécessité pour chacun d’entre nous d’être sauvé ? Ce verbe “sauverˮ a deux sens, il signifie à la fois être tiré d’un mauvais pas, être délivré d’un ennui, mais il signifie aussi “faire vivreˮ. Et il nous faut accueillir les deux sens ensemble : laisser Dieu nous tirer d’un mauvais pas et le laisser nous faire vivre de sa vie. Bien sûr par la grâce de notre baptême, nous sommes déjà sauvés en germe et en espérance. Mais encore faut-il que nous soyons fidèles aux promesses de notre baptême, encore faut-il que nous accueillons au plus profond de nous-mêmes le salut qui nous est proposé en Jésus-Christ. Oui, pour une part, nous sommes sauvés, mais pour une part, nous avons encore à être sauvés. Qui d’entre nous oserait prétendre qu’il est évangélisé jusque dans les profondeurs de son être ?
Laissons résonner en nous la parole sévère que nous lance l’apôtre Jacques dans la deuxième lecture. Imaginons qu’entrent dans cette église par une porte un grand de ce monde et par l’autre un pauvre mendiant, saurions-nous les accueillir l’un et l’autre avec les mêmes honneurs Nos critères d’accueil, sont-ils ceux du monde ou ceux de l’Évangile ?
Je crois que nous pouvons aisément reconnaître que l’Évangile n’a pas encore pénétré dans toutes les fibres de notre être et que nos reflexes sont plus souvent humains qu’évangéliques. Oui, chers amis, nous avons encore besoin d’être sauvés. C’est pourquoi il nous faut accueillir le Sauveur qui vient, qui se donne à nous par sa Parole et par son Pain.
Dans l’Évangile de ce jour, Jésus poursuit sa route en pays païens de Tyr à Sidon, dans les territoires de la Décapole « On lui amène un sourd muet et on le prie de poser la main sur lui  ». Admirable confiance de ces personnes, dont on ne nous dit rien d’ailleurs ; admirable confiance de ceux qui « amènent » l’homme à Jésus. « Amener à Jésus et le prier de poser la main » Quelle belle prière, celle qui consiste à « amener à Jésus » en lui demandant seulement de poser la main sur lui.
Il y a là, une belle définition de la prière d’intercession. C’est une invitation pour nous à évangéliser notre prière d’intercession. Bien souvent, quand nous faisons des prières d’intercession, sans nous en rendre compte, nous donnons des ordres à Dieu : « fais ceci ; fais cela ; donne la guérison à telle personne ; fais que telle personne ait du travail ; fais que mon petit-fils ait son diplôme ; etc. » Finalement nous donnons des ordres à Dieu pour qu’il soit à notre service. Comme si nous savions mieux que Lui ce qui nous convient et ce qui convient aux autres. Il faudrait savoir qui est le patron, si c’est nous ou si c’est Dieu.
Mais enfin, qu’elle manie avons-nous à commander à Dieu. Regardons d’abord l’exemple de la Vierge Marie à Cana qui se contente de présenter la situation : « Ils n’ont plus de vin » (Jn 2, 3) Il y a aussi les sœurs de Lazare, au lieu d’envoyer demander à Jésus la guérison de leur frère, elles se bornèrent à lui représenter : « celui que tu aimes est malade  » (Jn 11, 3) ».
Présenter simplement la situation pour que Dieu puisse agir selon les desseins de son amour , pour que son Règne puisse advenir dans cette situation ; pour que son Nom soit sanctifié dans cette situation, pour que sa volonté soi faite… Il y a là un chemin de conversion de nos mentalités et de nos manières de faire pour évangéliser nos prières d’intercession. Amener simplement la situation ou la personne au Seigneur, au Sauveur pour qu’il pose sa main sur elle. « Non pas ma volonté, mais ta volonté… » Silencieusement, discrètement dans le secret de ma prière, “amenerˮ à Jésus et le supplier de “toucher de sa mainˮ n’est-ce pas là un acte de charité.


Avec discrétion, Jésus se retire à l’écart avec l’homme qui lui a été amené. Jésus ne veut pas faire du sensationnel, du spectaculaire… mais il veut faire vivre. Nous sommes sans doute un peu déroutés de voir Jésus poser des actes très concrets : « il lui mit les doigts dans les oreilles et prenant de la salive, lui toucha la langue, puis les yeux levés au ciel, il soupira » Réalité corporelle de notre foi. Le Verbe de Dieu a pris chair de la Vierge Marie, dont nous avons fêté la nativité hier. Il a pris un corps d’homme et cela donne une extraordinaire dignité à notre corps tel qu’il est et quel qu’il soit. Les gestes de Jésus nous rappellent que la foi ne se vit pas seulement au niveau de notre intelligence, de notre compréhension des choses. La foi se vit également au niveau de notre corps  : à travers l’eau de notre baptême, l’onction d’huile de notre confirmation, le pain et le vin de nos eucharisties… Notre foi s’expérimente de manière corporelle à travers les sacrements, à travers des signes corporels de génuflexions, d’agenouillement, etc.
Jésus lève les yeux pour invoquer le Père et recevoir la force de l’Esprit Saint. Son soupir est un gémissement, une prière qui jaillit dans ce cri « effata, c’est-à-dire ouvre-toi  ». Jésus ne s’adresse pas ici aux oreilles ou à la langue, il s’adresse à l’homme lui-même. Il lui demande de s’ouvrir. Comme le proclame magnifiquement saint Augustin : « ce Dieu qui t’a créé sans toi, ne veut pas te sauver sans toi ». Le Sauveur veut nous voir collaborer à notre Salut. Et notre collaboration consiste simplement à nous ouvrir intérieurement à l’accueil de ce Salut. Consentir à être sauvé ; mais c’est la prière de Jésus à son Père, qui nous obtient la grâce de cette ouverture intérieure.
Cet « effata » est une option du rite du baptême. Le célébrant peut reprendre ici un geste de Jésus dans l’Évangile : il touche les oreilles et la bouche de l’enfant en disant : Effata,
ouvre-toi. Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets, qu’il te donne d’écouter sa Parole et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père. » Laissons résonner cet « effata » dans notre cœur, dans notre corps, dans tout notre être en cet aujourd’hui de Dieu. À l’écart dans le secret de notre cœur, laissons Jésus mettre ses doigts dans nos oreilles et sa salive sur notre langue.
Que le Christ Jésus ouvre nos oreilles pour que nous puissions entendre sa Parole et la laisser prendre corps en nous, qu’il délie notre langue pour que nous puissions chanter avec lui la gloire du Père et devenir les témoins de ses merveilles au cœur du monde En venant à nous, le Sauveur nous recrée ; il nous restaure dans notre humanité ; il nous donne de communiquer en écoutant et en parlant : écouter Dieu et lui parler, écouter les hommes et leur parler. Pour ce Salut qui est déjà là et qu’il nous faut sans cesse accueillir et qui vient, rendons-lui grâce dans cette eucharistie. Amen.

De diverses sources

lundi 3 septembre 2018

homélie du dimanche 2 septembre

Nous ne pouvons être en communion avec Dieu qu’avec le cœur et par des actes que nous posons en vérité.
Après quatre dimanches où Jésus dans l’Evangile de St Jean nous a parlé du pains de Vie.
Ce dimanche il est encore question de nourriture. De nourriture qui pourrait rendre l’homme impur de part l’absence de tout un rituel de purification qui touche la nourriture, les mains, les plats, les carafes, certes nous faisons bien la vaisselle, mais nous la faisons après le repas, et elle n’est pas du même ordre, elle est d’un ordre biologique, bactériologique, alors que la purification  que faisait les pharisiens était de l’ordre spirituel et moral. C’est-à-dire qu’au marché on pouvait se permettre toute sorte de marchandage voir de mensonges sur les transactions et donc après le marché il fallait se rendre pur en se lavant pour prendre la nourriture avec un esprit pur et honnête.
Ce que nous avons retenu sur les évangiles des quatre derniers dimanches peut nous éclairer sur l’évangile d’aujourd’hui. Nous en avions retenu qu’à l’inverse de la nourriture que nous mangeons qui devient notre corps, quand nous mangeons le corps du Christ nous devenons corps du Christ, nous sommes assimilés par l’Esprit de Dieu, car ce n’est pas de l’ordre biologique, mais spirituel.
Si bien que ce dimanche Jésus nous dit que ce n’est pas ce qui entre dans le corps de l’homme qui le rend impur spirituellement, mais c’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses qui conduisent à des actes mauvais et pervers et qui rend l’homme impur. Et au contraire, c’est en faisant de bonnes œuvres que nous serons purifiés, c’est agissant sous la conduite de l’Esprit Saint que nous serons sanctifiés. C’est à un mouvement centrifuge que nous sommes appelés. Comme le Christ qui se donne à nous par sa Parole et par son corps, nous devons nous donner, donner le meilleur de nous même pour grandir dans l’amour de Dieu. C’est en donnant de la pureté que le monde sera plus pur et que nous même en ressentirons plus de pureté. Cela nous invite à aller vers les autres, à leur être présent, je suis très reconnaissant à tous ceux qui se mettent au service des autres dans notre paroisse, les répondants, ceux qui accompagnent les familles en deuil, les catéchistes, les animateurs liturgiques, ceux qui viennent au secours des autres par les diverses associations et même personnellement, tous ceux qui rendent un service, tous ceux qui donnent de leur personne. Tout cela construit notre monde d’une belle manière, le rend plus pur et plus beau. On dit de quelque chose qui est pur quand il est sorti de la main de son créateur sans qu’il ait eu un rajout extérieur.
Si par le pain de vie que nous mangeons nous devenons le corps du Christ, le corps du Fils unique de Dieu, ce que nous faisons sous la conduite de l’Esprit Saint est pur puisque Dieu agit en nous.
Nous ne pouvons être en communion avec Dieu qu’avec le cœur et par des actes que nous posons en vérité.
 Dans notre vie de relation de Dieu avec nous et de nous avec Dieu, tout se joue au niveau du cœur, non pas au niveau émotionnel, mais au niveau de l’esprit, au niveau de la cohérence de notre vie, de ce que nous pensons, de ce que nous disons et faisons.
Vivre en chrétien, c’est vivre intensément cette alliance d’amour entre Dieu et nous.

On comprend alors que Jésus reçoive mal les critiques des pharisiens qui lui reprochent de ne pas respecter les traditions religieuses. Si l’évangile nous rapporte cet événement,
c’est pour attirer notre attention sur nous.

Notre bataille contre le mal doit commencer par le cœur par la cohérence de nos choix de vie. C’est dans le cœur que nous devons planter les bonnes herbes de la solidarité, de l’amitié,
 de la patience, de l’humilité, de la piété, de la miséricorde et du pardon. Le chemin vers cette plantation, c’est l’Evangile qui nous le trace. Nous avons un bon aide, c’est l’Esprit Saint il est la main de Dieu. Il nous apprend à mettre tous les jours un peu plus d’amour dans notre vie.

Dans sa lettre, saint Jacques en 2ème lecture, s’adresse à des nouveaux baptisés. Il les invite précisément à vivre autrement. Au jour de leur baptême, ils ont accueilli la vie nouvelle. C’est comme une lumière au milieu des ténèbres de l’humanité.
Au centre de cette vie, il y a Jésus Christ.
Il est la Parole donnée pour que le monde ait la vie. Cette parole est semée en chacun de nous. Il nous revient de l’accueillir humblement ; elle est capable de nous sauver.
Comme le Deutéronome, saint Jacques nous invite à la mettre en pratique :
« La manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves et de se garder propres au milieu du monde. »

En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur et nous le supplions :
Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour. »

De diverses sources

samedi 25 août 2018

homélie du dimanche 26 août

Les textes de ce dimanche nous adressent un appel très fort à choisir Dieu ou pas.
Dans la première lecture, nous trouvons Josué qui rassemble toutes les tribus d’Israël à Sichem. C’est un moment fondamental de notre histoire pour être unis ensemble et marcher avec Dieu. Josué convoque le peuple et le met devant ses responsabilités ; dans un premier temps, il lui montre tout ce que le Seigneur a fait pour lui : il l’a libéré de l’esclavage d’Égypte ; il a fait alliance avec lui sur la montagne du Sinaï : il ne cesse de faire le premier pas vers les hommes car il veut les sauver du malheur.
Quelle sera la réponse du peuple ? A Sichem, Josué rappelle à tous qu’ils doivent choisir : servir le Seigneur ou servir les dieux des habitants de des nations païennes; tous répondent unanimes : plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur et servir d’autres dieux.
Si Josué insiste c’est parce qu’il est conscient des infidélités de ce peuple.
Ces tribus restent marquées par les récriminations du désert. De plus, elles sont attirées par  les idoles païennes, et certains pratiques de temps à autres le paganisme.
Mais aujourd’hui, c’est le Seigneur que le peuple choisit de servir, on ne peut servir Dieu et les divinités païennes. Cela appelle déjà à un choix total pour Dieu.

Dans la deuxième lecture, saint Paul utilise l’image du couple humain pour parler de l’alliance d’amour qu’il y a entre Dieu et les hommes. Le sacrement du mariage unit les  époux l’un à l’autre mais aussi à Dieu. Cet amour mutuel qu’ils s’efforcent de vivre est appelé à être à l’image de celui de Dieu a pour l’humanité. Ce n’est pas le couple qui a inventé l’amour, c’est Dieu, il était là depuis toujours, mais j’aime bien cette phrase que je site quelques fois dans les homélies de mariages : « l’amour de Dieu s’exprime aujourd’hui à travers vous, vous êtes comme les feuilles d’un arbre qui agitées par le vent donnent une douce musique ; et sans les arbres dans lesquels il joue, le vent resterait invisible».
Ainsi l’amour de Dieu a besoin du couple pour s’exprimer et par extension, il a besoin de tout de nous tous pour s’exprimer. Pour revenir à l’image du couple, c’est  un amour qui fait sans cesse le premier pas vers l’autre, un amour qui écoute, qui partage, qui pardonne,
un amour qui va jusqu’au don de sa vie pour l’autre. Tout cela nous dit quelque chose de l’amour que Dieu nous porte.

Ce texte de st Paul commence par un appel à une soumission réciproque : « Soyez soumis les uns aux autres… » Comprenons bien, il ne s’agit pas d’une soumission d’esclavage mais d’une soumission d’amour : saint Paul compare cet amour du couple à celui du Christ pour son Église. Le vrai sens de la bonne soumission, c’est Jésus qui la donne, elle est faite d’amour et de vie et non pas de menace et de mort.  
C’est de cet amour-là que nous devons nous aimer fraternellement.

Dans l’Évangile de ce jour, une phrase a retenu mon attention : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père »
Ce texte d’aujourd’hui se situe après le discours sur le pain de vie, que nous avons entendu ces derniers dimanches, où Jésus se donne à manger à ses disciples. Ce que le Père nous donne de plus précieux, c’est son Fils unique Jésus Christ. Et si nous sommes là aujourd’hui à la messe, c’est pour le recevoir. D’une part par la Parole qui nous est donnée dans ce deuxième temps de la messe, et le recevoir aussi dans le troisième temps de la messe dans la communion au corps et sang du Christ qui nous est  donné.
Dieu n’est pas avare de donner, c’est l’homme qui ne veut pas recevoir, qui est occupé à autre chose, le monde lui propose d’acheter d’innombrables choses pour s’en sortir lui-même, pour ce sauver lui-même, et bien sûr ces choses ne sont pas gratuite : « Ne pourront s’en sortir et être sauvés que ceux qui ont suffisamment d’argent, comme ses pauvres malheureux migrants qui payent des sommes considérables pour traverser la mer et atteindre le paradis de l’Europe ». C’est l’esclavage, ils sont soumis à l’esclavage. Alors que le pain de vie est donné gratuitement, c’est une soumission à l’amour gratuit de Dieu, accepterons nous ce dont gratuit de Dieu ? «Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père ». 

 « Seigneur, je n’ai pas grand-chose à te donner, si non moi, et c’est bien parce que je me donne à toi d’un don total que tu peux me rendre fécond de ton Esprit Saint, et, comme les feuilles d’un arbre, donner une douce musique, la douce musique de la symphonie de Dieu ».
De diverses sources