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mardi 7 mai 2019

Homélie du 5 mai, 3ème dimanche de Pâques

C’est l’amour et non le mal qui aura le dernier mot.
Jésus sur les rives du lac de Tibériade. Il vient à la rencontre de ceux qui avaient été leur ami, ceux qui ont eu honte de le suivre jusqu’au bout, jusque dans les souffrances de la Croix,
ils ont eu peur, ils ont fuis face au pouvoir romain et aux pouvoir religieux des juifs du temple. Ils sont repartis à leur travail de pécheur.

C’est là que Jésus les rejoint et se manifeste à eux. Il le fait d’une manière discrète.
Il se rend présent à leur vie quotidienne d’une manière naturelle. Pierre, Thomas, Nathanaël, Jean et Jacques, ont passés la nuit dans la barque à essayer de prendre du poisson, au petit matin ils n’ont encore rien pris. Jésus, du rivage leur demande s’ils avaient du poisson,
il leur dit de jeter les filets sur la droite de la barque. Le résultat est tellement extraordinaire qu’ils ne peuvent remonter le filet. Jésus leur demande d’amener un peu de poisson, pourtant il y en a déjà sur les braises, comme pour leur signifier qu’il est désormais inutiles qu’ils aillent à la pèche, Jésus vas leur donner une autre mission et la nourriture leur sera fournie

Cette pêche miraculeuse, tout comme la multiplication des pains, nous montre la surabondance des dons de Dieu. Ces 153 poissons représentent toutes les espèces connues à l’époque. Cette pêche symbolise l’univers entier auquel le Christ veut s’adresser.
C’est l’annonce de la mission qui sera confiée à Pierre. Lui qui, par trois fois, avait renié son ami le Christ se verra pardonné. Il deviendra le berger du troupeau que Jésus va lui confier. Mais rien ne sera possible sans un amour inconditionnel envers le Christ. C’est amour qui revêt deux formes, un amour fraternel, amour de charité, et un amour d’amitié.
Ainsi Jésus doit être notre ami, et aussi c’est lui qui nous donne cette force de charité pour aimer nos frères comme lui

 les aimes.
Ce retournement de situation, nous le voyons encore aujourd’hui. Des hommes et des femmes qui avaient une vie complètement ratée ont rencontré le Christ. Leur vie a été transfigurée. Eux qui étaient des déshérités, des épaves, des déchets, ont connu un destin merveilleux. Le Christ a changé leur vie. C’est grâce à ce pardon cet amour miséricordieux, qu’ils sont devenus des témoins de la foi. C’est important pour nous, Nous ne pourrons être des témoins du Christ  sans une vraie rencontre avec lui.
La première lecture nous montre les apôtres qui sont devenus des missionnaires et du coup ont été fidèles à Jésus. Aujourd’hui, nous les voyons devant le même tribunal qui a condamné Jésus. Malgré toutes les menaces qui pèsent sur eux, ils n’hésitent pas à affirmer leur foi. Ils choisissent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Ils proclament haut et fort que Jésus est ressuscité. Dieu l’a élevé au rang de chef et sauveur de son peuple pour qu’il apporte le pardon des péchés. C’est ainsi que l’Esprit Saint a fait de ces hommes peureux des missionnaires courageux.
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes appelés à témoigner de notre foi dans le monde d’aujourd’hui. La tentation est grande de nous laisser porter par le courant du monde présent, les idées et les modes, il est toujours plus confortable et moins risqué de penser comme tout le monde. Si nous voulons être fidèles à l’Evangile, il y a des jours où il faut dire la vérité et dénoncer les injustices. Nous vivons dans un monde souvent hostile ou indifférent à la foi. C’est là que nous sommes envoyés pour témoigner de notre foi en Jésus ressuscité. Beaucoup dans le monde le font au péril de leur vie et sont emprisonnés parce qu’ils confessent l’amour du Christ pour tous les hommes.
Je connais un prêtre missionnaire en Chine qui doit se faire passer pour un étudiant pour ne pas être renvoyé. Un prêtre Birmand qui a été en paroisse à Lectoure pendant quelques années s’occupe d’une communauté chrétienne dans son pays et doit le faire dans la discrétion. Notre pensée va aussi aux Chrétiens du Maghreb et du proche orient, les chrétiens de Syrie qui sont aussi dans une situation de grande détresse.
Le texte de l’Apocalypse de Saint Jean nous dit que cette confiance des chrétiens persécutés n’est pas vaine. Le triomphe du Christ nous est présenté comme une grandiose liturgie qui se déploie en plein ciel. Avec saint Jean, nous sommes invités à rendre gloire pour le triomphe du Christ. Bien sûr, il y a des catastrophes, des persécutions, des violences de toutes sortes. Mais au cœur de ces épreuves, nous assistons à des gestes de solidarité et de bonté.
Cette puissance de l’amour est une force contagieuse que rien ni personne ne peut arrêter.
En définitive c’est l’amour et non le mal qui aura le dernier mot.

Comme Pierre, nous nous jetons à l’eau pour venir à toi, Seigneur. Donne-nous de partager notre espérance et de témoigner de ton amour pour notre humanité.
De diverses sources

samedi 27 avril 2019

homélie du 2ème dimanche de pâques

Ce deuxième dimanche de Pâques est appelé dimanche de la miséricorde.
C’est le pape Jean-Paul II qui a institué cette fête. Il répondait ainsi au désir que le Seigneur avait transmis à sainte Faustine : « En ce jour, disait Jésus, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes ; je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de ma miséricorde…». Accueillons la miséricorde de Jésus.

Dans l’Evangile, Jésus aurait pu  reprocher aux apôtres de l’avoir renié et abandonné.
Au lieu de cela, c’est un message de paix qu’il leur adresse : « La Paix soit avec vous ! ». Cette paix ce n’est pas seulement l’absence de conflit. C’est la paix intérieure, le pardon,
la joie retrouvée. Jésus ressuscité est source de paix. Par sa victoire sur la mort et le péché,
il réconcilie tous les hommes avec Dieu. Les forces hostiles à Dieu ont été vaincues ;
il fait triompher la paix.

Thomas n’était pas avec eux lors de la première rencontre. Quand ses amis lui en parlent,
il refuse de croire : nous avons entendu ses paroles : si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas. » Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son incrédulité. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent :
« Je ne crois que ce que je vois… Comme je ne vois rien, je ne crois pas. » C’est implacable. Car nos sens, -- pour parler de ceux qui peuvent nous prouver la présence de Jésus ressuscité :  le toucher, la vue, et l’ouïe ne nous signifie pas la réalité de la vitalité de Jésus, il ne serait donc pas ressuscité ?  Faut-il que pour qu’une chose soit réelle qu’elle passe par un de nos sens ? Quelqu’un qui serait aveugle, pour lui et pour tout le monde la lumière n’existerait pas ? la lumière existe, même s’il ne la perçoit pas. Jésus Christ conçu de l’Esprit Saint,
né de la Vierge Marie, qui a souffert à l’époque de Ponce Pilate, mort sur la croix, mis au tombeau, le troisième jour est ressuscité des morts et est maintenant assis à la droite du Père. C’est ce que nous allons dire dans un instant pour le crédo. Si nous sommes rassemblés aujourd’hui ici, c’est que nous le croyons. C’est que nous avons la foi, nous nous fions non pas à un de nos 5 sens corporel, mais à notre foi, elle est un don de Dieu qui nous permet d’entretenir une relation avec lui. Et aujourd’hui, si vous venez faire baptiser Appoline,
c’est pour qu’elle ai la foi, qui lui permettra de connaître Dieu. Comme il est de votre responsabilité de l’éveiller à la vie, il est aussi de votre responsabilité de l’éveiller à la foi pour connaître Dieu. J’entends certains parents qui refusent d’éveiller leurs enfants à la foi en disant, il choisira plus tard, mais on ne peut pas choisir si l’on ne connaît pas.
Connaître ne nous empêche pas d’être libres de choisir à tout instant, au contraire,
il faut connaître pour choisir.  

Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas aller plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire
« Mon Seigneur et mon Dieu ». Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole.
Quand nous rentrons à l’église pour l’Eucharistie c’est lui qui nous accueille.
Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers lui et lui dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Heureux sommes-nous si nous croyons sans avoir vu, car c’est la foi qui nous fait reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, et non une analyse matérielle qui ne peut qu’être vouée à disparaître, car la foi est éternelle, bien qu’il y en ait qui disent j’ai perdu la foi ;
en fait ils n’ont pas perdu la foi, mais il y a un recadrage à faire, une mauvaise connaissance de Dieu qui vient parasiter la relation, comme cette petite sourie qui avait fait disjoncter le circuit électrique qui alimente l’orgue, hier soir je suis venu réparer cela, elle était venu se réchauffer dans le moteur de l’orgue et avait fait cours circuit. De même des chrétiens qui ont un comportement qui porte contre témoignage, perturbe la connaissance qu’ils ont de Dieu et ne veulent plus croire, les prêtres pédophiles sont un vrai scandale, mais un mauvais comportement de chrétien est aussi un contre témoignage pour les gens.
La miséricorde de Dieu n’excuse pas ces comportements, au contraire, nous devons les dénoncer car ils ne sont pas le reflets de l’Esprit de Dieu, mais de l’Esprit du mal. C’est à cette condition que nous deviendrons témoins de sa miséricorde, en comprenant combien et comment Dieu nous aime pour que nous aimions à notre tour comme lui nous aime.

La première lecture nous montre précisément une communauté de chrétiens qui a bénéficié de cette miséricorde de Jésus et qui en témoigne. On faisait leur éloge pour ce qui s’y passait. En eux c’est Dieu qui accomplissait des merveilles. Hommes et femmes de plus en plus nombreux adhéraient à la foi. Avant d’être un contenu doctrinal, la foi est une rencontre avec la personne de Jésus ressuscité. Il ne peut pas y avoir d’évangélisation sans la foi ni sans le témoignage d’une vie fraternelle. Les divisions, les violences et les rancunes sont un contre témoignage. Elles font obstacle à l’annonce de l’Evangile. Celle-ci ne peut être accomplie que par des communautés unies.
Les trois lectures d’aujourd’hui nous renvoient à notre condition. Nous vivons dans un monde indifférent ou hostile à la foi. Dans certains pays, il est interdit d’être chrétien. Mais malgré les menaces qui pèsent sur leur vie, beaucoup font preuve d’un courage extraordinaire. Il suffit de lire les témoignages des revues « Aide à l’Eglise en détresse ». Ces chrétiens ont la ferme certitude que Dieu se tient bien présent au milieu des siens. Le livre de l’Apocalypse est là pour nous dire que le vrai bonheur succède à la phase dramatique de l’histoire humaine.
En ce dimanche, nous te prions, Seigneur : rends-nous plus disponibles à la force de la foi. Sois avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Garde nous plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ». Amen

De diverses sources

samedi 20 avril 2019

homélie de Pâques : Il est vraiment ressuscité! Alléluia!

Vendredi, avec la mort horrible de Jésus, injustement condamné au supplice de la croix,
nous avions le sentiment déchirant d’avoir tout perdu. Et pourtant, comme Marie Madeleine, nous sommes venus au tombeau de bon matin car quelque chose en nous ne cessait d’espérer contre toute espérance. Jésus, qui avait passé dans notre vie en faisant le bien,
lui que Dieu avait consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force : comment pouvait-il être mort à jamais ? Alors, comme Marie Madeleine et les autres femmes, tandis qu’il faisait encore nuit dans notre cœur, nous nous sommes rendus au tombeau sans bien comprendre ; elles vont au tombeau, poussées par leur espérance, pour garder vif en leur cœur le souvenir de celui qu’elles aiment et qui leur a fait tant de bien.
Et que voient-elles au tombeau ? La pierre qui fermait l’entrée a été roulée !
Le tombeau est ouvert ; le corps du Seigneur aurait-il été dérobé ? Bouleversement,
crainte de la profanation, deux hommes, deux anges en habits éblouissant sont devant elles :
« Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? il n’est pas ici il est ressuscité ! »
Elles courent en apporter la nouvelle aux onze apôtres.

C’est la première chose à retenir de l’évangile. On ne peut pas croire en Jésus ressuscité tout en restant calé dans son fauteuil, ou le regard tourné vers le sol. Sa résurrection au matin de Pâques est une nouvelle extraordinaire qu’il est impossible de garder pour soi et qui pousse à aller trouver les frères pour leur dire: «Le Christ est ressuscité! Il est vraiment ressuscité!» Cet évangile nous apprend autre chose encore. Aller trouver les frères et leur dire
 « Jésus est vivant », c’est partager notre foi pascale. Mais pour la partager, nous avons besoin des autres, et plus précisément : nous avons besoin de la différence des autres car ils ne voient pas les choses sous le même angle. Les quatre évangélistes racontent les faits de manière différente ; Regardez Marie-Madeleine et les autres femmes. Elles vont au tombeau de bonne heure pour embaumer le corps de Jésus et elles trouvent le tombeau vide.
Les apôtres auront besoin de leur témoignage.
Regardez Pierre dans l’évangile de Jean. Il entre dans le tombeau et considère les bandelettes qui sont posées là, ainsi que le linge qui avait recouvert la tête de Jésus. Il aura besoin de Jean, le disciple bienaimé, qui à son tour entre dans le tombeau et qui voit et croit.
Regardez encore Marie-Madeleine, dans la suite du récit. Elle reste près du tombeau,
 nous dit saint Jean, et elle pleure. Mais voici qu’elle rencontre Jésus, qu’elle le prend d’abord pour le gardien du jardin. Elle sera le premier témoin de la résurrection :
« J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit ! » Grâce à son témoignage, les disciples à leur tour croiront au Christ ressuscité. Nous aussi c’est épaulés les uns aux autres dans le partage de notre foi que nous comprenons mieux la présence du ressuscité parmi-nous.
C’est pourquoi nous vous proposons régulièrement des groupes de lecture de la bible ou de lettres et encycliques du Pape. L’apôtre saint Paul le dit dans la lettre aux Romains :
« Si par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » Cette vie nouvelle doit laisser place à l’espérance ; ce qui ne peut que mourir, doit laisser place à ce qui est éternel, le matériel doit laisser place au spirituel. Et c’est bien pour cela que vous êtes présent ici cette nuit.

Dans quelques instants, nous allons dire « JE crois… JE crois en Jésus Christ… qui…
 le troisième jour est ressuscité des morts… » Ce « JE crois » relie la foi de chacun de nous à la foi de tous nos frères. Plus encore : ce « JE crois » relie les actes d’amour de chacun de nous aux actes d’amour de tous nos frères. Car si nous voulons être d’authentiques témoins de la résurrection du Christ, nous devons oser des actes de tendresse et de miséricorde qui diront, à la face du monde, que la mort ne peut jamais l’emporter sur l’amour et que la Vie triomphe toujours de la mort.
C’est cette foi qui motive aussi notre action, notre attention aux autres, nos engagements dans l’Église et dans la société : « Recherchez les réalités d’en haut, tendez vers les réalités d’en haut », nous dit saint Paul, c’est-à-dire : n’oubliez pas la grâce qui vous est faite au matin de Pâques et au jour de votre baptême : la vie du Ressuscité vous est donnée,
à vous d’en vivre, et ce dans toute votre vie. À vous de l’annoncer aussi, car, comme disait saint Pierre, « nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts –  ce que nous sommes en train de vivre en cette Eucharistie – il nous a chargés de l’annoncer au peuple et d’en témoigner » car c’est une Bonne Nouvelle pour chacun et pour l’humanité entière : Christ est ressuscité, alléluia, il est vraiment ressuscité, alléluia !

de diverses sources

vendredi 22 mars 2019

homélie du dimanche 24 mars 3ème dimanche du carême

Deux buissons nous sont présentés dans les lectures d’aujourd’hui :
Je vais commencer par le second, celui de l’évangile, le figuier, un arbuste aux larges feuilles qui donnent de bons fruits et qui généralement ne demande pas d’entretien. Mais voilà que ce figuier de l’évangile ne donne pas de fruit. A quoi bon le laisser épuiser la terre de la vigne, il est préférable de le couper, mais le propriétaire est patient, il veut bien que l’on prenne soin de lui et voir encore une année.

L’autre buisson est le buisson ardent qui est sur une terre aride puisque perché sur la montagne, mais voilà que ce buisson qui brûle ne se consume pas, c’est tout le contraire du figuier qui lui consume la terre et ne donne rien, alors que le buisson ardant donne de la clarté et de la chaleur sans rien consommé !
Je vous laisse contempler le tableau. Le buisson ardent symbolise la présence de Dieu qui est là présent : « N'approche pas d'ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est JE-SUIS. Cette présence de Dieu nous est éternelle pour que nous portions du fruit.
Et sur le figuier, absence de fruit, rien. Le figuier était en Israël symbole de la sagesse : rappelez-vous Jésus qui dit à Nathanaël : « quand je t’ai vu sous le figuier », Nathanaël était un sage en Israël. Mais les sages en Israël, mis à part Nathanaël et quelques autres, non pas su voir la présence de Dieu en Jésus Christ, et c’est pour cela que Jésus parle du figuier stérile, les sages qui épuisent le peuple de Dieu mais ne produisent pas de Fruit. Ainsi va notre communauté chrétienne si elle ne sait pas voir la présence de Dieu, voir où il est.
Moïse était parti d’Egypte, il avait quitté son peuple pour le désert, et Dieu le renvoie en Egypte, non pas pour faire alliance avec Pharaon, mais pour libérer le peuple qui vit dans la misère. Moïse opère une conversion, littéralement, il se retourne, revient en Egypte. Moïse répondit à Dieu :
« J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? »
Le plus important pour nous, c’est de faire, comme Moïse l’expérience de sa présence et de son action pour les autres. Alors on découvre qu’il est  avec nous, qu’on ne peut le connaître que si l’on est présent à ses côtés, et ainsi nous sommes témoins de sa présence.
Plus tard, Jésus sera précisément appelé « Emmanuel » ce qui veut dire « Dieu avec nous ». Toute la Bible nous montre qu’il est avec le pauvre dans l’angoisse, avec le petit qui est réduit à la misère. Il est encore avec celui qui subit la domination de l’exploiteur.
L’important c’est de comprendre que Dieu est celui qui se rend présent pour nous libérer.
Il est Celui qui a vu la misère de son peuple et il fait appel à Moïse pour le sortir de cette situation. Cette lecture nous révèle Dieu qui établit des relations personnelles avec les hommes, il est plein de bonté,  sauveur et libérateur.
Le Carême est donc pour nous une invitation à changer notre présence à Dieu, où nous sommes trop souvent absents. Chacun peut se poser la question : le Dieu que nous avons dans notre tête, est-il pour nous un feu dévorant ?
Est-il ce foyer dévorant d’amour qui consume nos égoïsmes ? Est-il cette flamme de colère contre les injustices ?

L’apôtre Paul invite les chrétiens et chacun d’entre nous à faire une relecture des événements de l’Exode : « Dieu était là pour les libérer de l’esclavage et de leur péché ».
Mais « La plupart n’ont fait que déplaire à Dieu et sont tombés dans le péché ;
ce constat douloureux, nous le trouvons souvent dans la Bible et dans notre vie.
Mais là où le péché a abondé, l’amour a surabondé. Saint Paul nous invite à une lecture chrétienne des événements : « Ils buvaient à un rocher qui les accompagnait et ce rocher c’était le Christ. » Cette aventure de la sortie d’Egypte est, pour nous chrétiens, un avertissement : attention à ne pas tomber. Restez bien accrochés à ce rocher qu’est le Christ. « Rien ne peut nous séparer de son amour » (Rm 8. 39).

Devant la souffrance, les maladies, les catastrophes, nous pouvons avoir des réactions violentes. Il y a une question qui revient souvent : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » Nous réagissons comme si les accidents, les drames et la mort étaient un châtiment de Dieu. S’il arrive quelque chose ce serait parce que Dieu nous punit. Aujourd’hui, Jésus réagit très fermement contre cette manière de voir. Les malheurs qui s’abattent sur les hommes et sur le monde ne viennent pas de Dieu. il n’y a aucun lien entre la souffrance et le péché. Un autre jour, on lui posera la même question au sujet d’un aveugle-né :
« Qui a péché pour qu’il soit né ainsi ? Lui ou ses parents ? » Et Jésus répondra :
« Ni lui, ni ses parents. » Ainsi, Jésus laisse ouverte la difficile question du rapport entre le malheur et le péché personnel. Une seule chose est sûre : Dieu est amour.
Il n’est surtout pas un justicier sans cœur. Ce n’est pas notre péché qui entraine la condamnation mais notre refus de nous convertir.
« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez comme eux. » Non ce n’est pas une menace, ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr ; c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous demande instamment de ne pas remettre à demain notre conversion.

Écoutez cette confession d’un moine de l’Église d’Orient :
« Il fut un temps où j’étais fervent, généreux, sans compromis. Le Christ entrait chez moi en ami, en intime. Je lui avais donné la clé de la porte de derrière, il entrait comme il voulait.
Je brûlais. Peu à peu, ces visites m’ont gêné : entrant par derrière, il traversait inévitablement mon domaine plus personnel où, depuis un temps, le désordre s’installait. Il me demandait des explications que j’écartais évasivement, prétextant mon manque de temps, mes occupations… Un jour, il trouva la porte de derrière fermée. Il fit le tour, entrant par la porte officielle. Je me suis excusé : « J’ai mis un verrou la serrure ne marche plus ». Depuis je le reçois encore, mais par cette porte du tout-venant, quand d’autres sont là, ce qui me préserve de ses questions plus directes. Nous en sommes aux politesses, aux conversations de routine. Parfois je la regarde, la porte-arrière de mon cœur. Les herbes, depuis ont poussées, sauvages et hautes, les charnières doivent être coincées. Plusieurs fois il est revenu frapper à cette porte. Je me cachais, faisais semblant de n’être pas là. Chaque fois, cela m’a rendu malade. Au fond, je voudrais bien… comme au temps où il entrait quand il voulait par la porte de derrière. »


De diverses sources

lundi 18 mars 2019

homélie du dimanche 17 mars 2ème dimanche de carême.

« Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le » 
En ce début de carême, nous pouvons prendre un peu de recul et nous laisser poser cette question par Jésus : « Qui suis-je au dire des foules ? » Pierre a su répondre :
«Tu es le Christ (c'est-à-dire le
Messie) de Dieu ». Et lui aussitôt a mis les choses au point : le Messie, oui, mais peut-être pas comme on l'attendait. « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu'il soit mis à mort et que, le troisième jour, il ressuscite. » Déjà il annonçait que la gloire du fils de l'homme était inséparable de la Croix. Face aux réponses que nous pouvons entendre autour de nous, nous avons, nous aussi à mettre les choses au point.
Ce temps de carême est aussi ce temps pour nous, pour comprendre que la personne de Jésus est inséparable de l’action de l’Eglise, beaucoup ont de l’admiration pour la personne de Jésus Christ, pour sa vie, ses œuvres, mais ils ont moins d’admiration pour l’Eglise.
l’Eglise n’est pas uniquement le clergé, mais l’ensemble des Chrétiens que nous formons, nous sommes le corps du Christ,
pas simplement les catholiques, mais aussi les protestants et orthodoxes, nous sommes une diversité de membres. Nous sommes invités à prier pour l’unité de l’Eglise dans sa diversité et non dans son uniformité. Comment le faisons-nous ?
Jésus conduit ses
disciples Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, il veut de nouveau aller prier avec eux. Les trois disciples découvrent que pour Jésus, la prière est une rencontre transfigurante.
C'est ce moment de prière sur la montagne que Dieu choisit pour révéler à ces trois privilégiés le
mystère du Fils de l'homme. Car, ici, ce ne sont plus des hommes, la foule ou les disciples, qui donnent leur opinion, (pour vous qui suis-je ?), c'est Dieu lui-même qui apporte la réponse et nous donne à contempler le mystère du Christ : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ».

Evidemment, cette montagne nous fait penser au Sinaï ; à la nuée, la gloire, la voix qui retentit, les tentes... C’est pourquoi, nous ne devons pas être étonnés, de la présence de Moïse et Elie aux côtés de Jésus. Quand on sait que Moïse a passé quarante jours sur le Sinaï en présence de Dieu et qu'il en est redescendu le visage tellement rayonnant que tous en furent saisis : « Quand Moïse descendit de la montagne, il ne savait pas que la peau de son visage était devenue rayonnante en parlant avec le Seigneur. Aaron et tous les fils d'Israël virent Moïse : la peau de son visage rayonnait. » (Ex 34, 29-30).
Quant à Elie, lui aussi « marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb ... La parole du SEIGNEUR lui fut adressée : Sors et tiens-toi sur la montagne, devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer... Il y eut alors un vent puissant, un tremblement de terre, un feu, mais le SEIGNEUR n'était ni dans le vent puissant, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu... Il y eut alors le bruissement d'une brise légère.
Alors en l'entendant, Elie se voila le visage avec son manteau, et la voix du SEIGNEUR s'adressa à lui. » (1 R 19, 8... 14).

Ainsi, Moïse et Elie personnages de l'Ancien Testament qui ont eu le privilège de la révélation de la gloire de Dieu sur la montagne sont également présents lors de la manifestation de la gloire du Christ. Que disent-ils ? : « Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem. » Le mot précis, n’est pas départ, mais  « Exode »). Comme la Pâque de Moïse avait inauguré l'Exode du peuple, de l'esclavage en Egypte vers la terre de liberté, la Pâque du Christ ouvre le chemin de la libération pour toute l'humanité.

Dans la nuée lumineuse de la
Transfiguration, la voix du Père supplie « Ecoutez-le »,
et cette voix continue à nous dire : « Ecoutez-le » c'est-à-dire faites-lui confiance.

« Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le » ; écouter Jésus, c’est lire les Evangiles, mais aussi regarder et contempler ceux qui vivent des évangiles. Au catéchisme il nous arrive de mimer l’Evangile, et alors nous voyons, nous ne faisons pas qu’écouter,
nous voyons l’action des acteurs. Et nous autres, nous avons à regarder l’actions de ceux qui joue l’évangile au quotidien, à les soutenir, exemples de ceux qui consacrent leur vie à soutenir les plus pauvres, de ceux qui consacrent leur vie à soutenir la famille, à ceux qui consacrent leur vie à faire la paix autour d’eux. Nous avons donc le devoir d’encourager ceux qui vivent l’évangile, et tentent de rendre ce monde plus beau, de transfigurer ce monde.

Pierre, émerveillé du visage transfiguré de Jésus, parle de s'installer : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes... » ; « Pierre ne savait pas ce qu'il disait. »
Il n'est pas question de s'installer à l'écart du monde et de ses problèmes : le temps presse ; Pierre, Jacques et Jean, ces trois privilégiés, doivent se hâter de rejoindre les autres.
Car le projet de Dieu ne se limite pas à quelques privilégiés : au dernier jour, c'est l'humanité tout entière qui sera transfigurée ; comme dit Saint Paul dans la lettre aux Philippiens
(notre deuxième lecture) « nous sommes citoyens des cieux. »
 
De diverses sources

samedi 9 mars 2019

homélie du 1er dimanche de carême, le 10 mars
« Il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à
l’épreuve par le démon… »
Pendant quarante jours, le Christ mène un combat. En effet, être tenté, ce n’est pas
seulement être attiré, séduit, provoqué par une réalité qui serait interdite ou mauvaise.
Être tenté, c’est entrer dans un combat contre le Tentateur, contre le démon.
Ce combat, Jésus le mènera jusqu’à l’heure de son agonie – un mot qui signifie
« combat ». Saint Luc nous en rend compte dans son récit de la Passion, que nous lirons le
dimanche des Rameaux : « Jésus sortit pour se rendre, comme d’habitude, au mont des
Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé là, il leur dit : « Priez pour ne pas entrer en
tentation. » Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. Se mettant à genoux,
il priait : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma
volonté qui se fasse, mais la tienne.  Alors du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait… »
Combat de Gethsémani, qui culminera sur la croix, lorsque les défis lancés au Crucifié
reprendront les tentations du désert : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Mais une question nous vient sûrement à l’esprit. Comment Jésus peut-il être tenté ?
Comme Jésus peut-il être tenté à la manière dont nous, les hommes, sommes tentés ?
« Si tu es le Fils de Dieu… », dit le démon à Jésus. Ce « si » est capital. Il signifie :
puisque tu es le Fils de Dieu, autrement dit : puisque tu es comblé d’un don inouï,
puisque tu es engendré par le Père, puisque tu es son enfant bien-aimé, alors ordonne à cette pierre de devenir du pain !
La tentation ne porte pas sur la séduction du mal, mais sur ce que Dieu me donne.
Être tenté ne consiste pas à être fasciné par le mal pour lui-même,
mais à être tellement fasciné par le don de Dieu que j’en viens à oublier le Donateur. S’incliner devant le démon, c’est mettre la main sur le don de Dieu en écartant Dieu qui donne. Et faire un peu comme le démon s’approprier ce qui en fait n’est pas a nous :
« Je te donnerai tous ces royaumes car cela m’appartient » dit le démon à Jésus.
Du coup, nous comprenons que la tentation sera toujours à la mesure des dons que
nous avons reçus de Dieu. Plus les dons que j’ai reçus seront importants et plus la tentation
sera redoutable.
Le démon éprouve le Christ en lui faisant miroiter sa condition de Fils de Dieu et en lui
demandant d’oublier Celui de qui il tient cette condition : « Allez, tu te rends compte,
tu es le Fils de Dieu, donc tu peux faire de cette pierre du pain… ».
Le don et le donateur sont étroitement lié, il y a un service après vente si je puis m’exprimer ainsi. C’est quoi un service après vente, c’est quand un marchand fourni une machine à son utilisateur, il lui garanti de l’aider à son bon fonctionnement.
Dieu nous fait un don et il nous garanti à ce qu’il soit bien exercé et trop souvent nous voulons faire sans lui, je suis doué pour une certaine chose et j’en fais mon affaire plutôt que de le mettre au service de la communauté, ou alors je le fais payer très cher.

Les apôtres, eux aussi, seront tentés sur les dons reçus, et en particulier sur le don par
excellence qu’est la foi au Christ. Mais ils seront portés et fortifiés par la prière de leur
Maître : « Simon, Simon, dit Jésus à Pierre, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais moi, j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas »
La tentation sur les dons reçus, et tout spécialement sur le don de la foi au Christ,
est aussi la nôtre. Mais dans ce combat nous ne sommes pas seuls, il nous accompagne tous les jours de notre vie : le Christ a été victorieux du mal et du malin pour qu’à sa suite – par lui, avec lui, en lui – nous soyons vainqueurs et témoin de l’action de l’Esprit Saint dans le monde. Vu les l’actualité de l’Eglise dans le monde ces temps-ci, il serait bon que nous portions nos efforts de carême non seulement d’une manière personnelle, mais aussi d’une manière communautaire, ecclésiale. Les médias se plaisent à montrer des prêtres, religieux et religieuses qui n’agissent pas selon la morale de l’Eglise et même d’une manière honteuse qui nous choque. Il est juste de dénoncer ces comportements.
Cependant nous devons témoigner de l’Evangile qui nous habite et de l’Esprit Saint qui agit en nous.
Et c’est en plusieurs lieux de la paroisse que nous pouvons le faire.
C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples.

Le combat contre le démon est un combat de chaque jour. Mais chaque jour Jésus,
 le Vainqueur du démon nous donne sa grâce et nous invite à nous tourner vers son Père et notre Père et à lui dire : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal » !

de diverses sources

vendredi 1 mars 2019

homélie du dimanche 3 mars

La Parole de Dieu nous invite aujourd’hui à la sagesse, et la Bible fourmille de paroles de sagesse humaine. La première lecture que nous venons d’entendre est tiré d’un livre de sagesse appelé naguère « l’Écclésiastique » et aujourd’hui le « Siracide ». Un des rares livres dont on connaît l’auteur, Ben Sirac, qui vivait à Jérusalem vers l’an 200 avant Jésus Christ. Ce que nous lisons de lui sous la forme de dictons est savoureux et donne envie de le découvrir dans nos Bibles. Curieusement il s’appelait Jésus Ben Sirac.
« Quand on secoue le tamis, il reste les déchets ;
de même, les petits côtés d’un homme apparaissent dans ses propos.
Le four éprouve les vases du potier ;
on juge l’homme en le faisant parler. »
Ce n’est donc pas d’aujourd’hui que date la sagesse.
Souvenez-vous de ce passage de l’évangile de Luc, Jésus de Nazareth grandissait en taille et en sagesse, sans doute ses parents furent-ils eux aussi des sages. Dans les villages,
en son temps, les charpentiers étaient hommes d’expérience constructive, disait-on.
Dans son Évangile, Luc nous propose un condensé de quelques paroles de sagesse sous forme de dictons ou de paraboles que Jésus adresse à la foule,
dont fait partie l’Evangile que nous avons lu aujourd’hui :
« Il leur dit encore en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?
Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,
alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ?
Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit :
on ne cueille pas des figues sur des épines ;
on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. »
Paroles aussi de sagesse de la part de Jésus.
Sois sage, dit-on souvent aux enfants, pour avoir la paix. C’est-à-dire sois conforme, tiens-toi bien, sois soumis, sois poli. Être sage ce n’est pas forcément cela. De vrais sages peuvent passer pour des fous. C’est ce qui arriva à Jésus. Ses parents vinrent un jour le chercher parce que, pensaient-ils, il avait perdu la raison. « Ta mère et tes frères de cherchent, lui dit-on »
Pour les scribes, les prêtres et les pharisiens, Jésus aussi a pu passer pour un fou pour ce qu’il disait. Ainsi, des vrais sages peuvent déranger, et ceux qui passent pour fous peuvent être plus sages que ceux qui les jugent ainsi.
Saint Paul parlait aux Corinthiens de la folie de Dieu et de l’Evangile et il ajoutait :
« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages. » (1 Co 1 19-27) Aujourd’hui il leur rappelle leur condition humaine et divine aussi, parce que destinés à revêtir l’immortalité.
« Il faut en effet que cet être périssable que nous sommes
revête ce qui est impérissable ;
il faut que cet être mortel revête l’immortalité.
La sagesse humaine dans toutes les cultures est une trace de la sagesse de Dieu en l’homme, sans laquelle, depuis longtemps, l’homme aurait disparu de la terre. »
La sagesse est comprise comme étant le bon sens, la distance et le recul,
 le sens de l’observation, le fruit d’une méditation et d’une réflexion.
C’est une denrée qui se faire rare dans notre monde rationnel, matérialiste et financier.
La sagesse est une qualité humaine peut-être plus répandue dans notre monde rural où l’on peut observer la vie de la nature, regarder les étoiles pendant la nuit quand le ciel est clair,  que chez ceux qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, qui oublient leur condition humaine et leur fragilité, qui se soûlent d’arrogance et de prétention.
La sagesse était naguère le privilège des anciens dans les familles.
Ils pouvaient être sages parce qu’ils étaient expérimentés.
Le mot sagesse en français traduit le mot latin “sapientia”; du verbe “sapere” goûter.
On peut remarquer à ce sujet la saveur des paroles de Jésus dans l’Évangile, parfois pleines d’humour. Elles s’appuient sur les choses les plus concrètes de la vie : la paille et la poutre, l’arbre et les fruits, les figues et les épines. Elles mettent en mouvement aussi le corps :
on les voit, ces deux aveugles qui se tiennent par la main et tombent dans un trou et l’on sourit même de leur malheur. On se reconnaît tellement aussi dans celui-là qui regarde la paille dans l’œil de son frère et ne remarque pas la poutre dans le sien. On rit à la pensée qu’un imbécile voudrait vendanger du raisin sur les ronces, qu’il confonde les sarments de la vigne et la tige courbe de la ronce, la grappe de raisin et la grappe de mûre. Les ronces peuvent porter de bons fruits, pour la confiture peut-être, mais pas pour le vin.
Le langage imagé des paraboles et des proverbes détend l’esprit, donne à la vie la saveur de l’humour, et permet de prendre de la distance vis-à-vis des choses parfois les plus graves, donne de l’espace à notre vie.
 Puisque ce que dit la bouche c’est ce qui déborde du cœur, faisons de notre cœur une malle souriante pleine de trésors de sourire, de bienveillance et de lumière.
Jésus nous révèle ce qu’est la sagesse évangélique.
De diverses sources